Tenir n’est pas durer
Treize ans infirmière libérale, Aurélie Destenave a appris très tôt deux compétences que l’on confond souvent : tenir… et s’oublier. Réveil 5h30. Tournées. Patients. Urgences. Comptabilité le soir. Gestion du personnel. Des week-ends “comme les autres”, sauf qu’ils n’en sont jamais vraiment. Ce qui l’a arrêtée n’a pas été un effondrement spectaculaire. Pas de scène, pas de fracas. Juste un décalage — presque clinique : entre ce qu’elle montrait et ce que son corps vivait. Le mental, lui, trouvait toujours une bonne raison. Le système nerveux, lui, compensait. Jusqu’au moment où le corps a cessé de négocier. C’est là qu’elle a posé une phrase simple, et difficile à oublier : On peut performer en étant fragmenté. Mais on ne peut pas se déployer pleinement sans se réunifier. Et c’est aussi là que la montagne est entrée dans sa méthode. Pas comme décor. Comme révélateur. En rando coaching, dit-elle, il n’y a plus de masque : le souffle parle, la fatigue révèle, la posture réelle apparaît. Le terrain ne ment pas. Et ce qui se joue en altitude… se rejoue, plus tard, en entreprise.
