Tenir, ce n’est pas durer

tenir n'est pas durer
Portrait · QVT · Posture sous pression

Tenir, ce n’est pas durer

Tenir sous pression peut devenir une compétence, puis une habitude, puis une manière de s’oublier. Le parcours d’Aurélie Destenave raconte ce moment où le corps ne suit plus le récit construit par le mental.

Portrait d’Aurélie Destenave Sorella So Care Nouvelle-Aquitaine

Tenir sous pression a fait partie du quotidien d’Aurélie Destenave pendant treize ans, lorsqu’elle était infirmière libérale.

Pas « infirmière » comme on le dit dans une phrase. Infirmière comme on le vit : réveil à 5 h 30, tournées, patients, urgences, comptabilité le soir et gestion du personnel.

À cette cadence s’ajoutaient les week-ends travaillés, un cabinet à diriger et la nécessité de continuer, quoi qu’il arrive.

Le paradoxe

Elle savait tenir. Elle savait aussi s’oublier.

Tenir sous pression jusqu’à ne plus sentir le décalage

Pourtant, ce qui l’a arrêtée n’a pas été un burn-out spectaculaire, celui qui fait récit et grand bruit.

Chez elle, le signal était plus discret et peut-être plus déroutant : un décalage entre ce qu’elle montrait et ce que son corps vivait.

D’abord, cette fissure silencieuse se recouvre de justifications, de routines, de « ça va » et de « j’ai l’habitude ».

Puis le mental explique, rationalise et tient la barre. Pendant ce temps, le corps continue d’envoyer ses propres signaux.

Ainsi, tenir sous pression peut donner l’impression que tout fonctionne, alors qu’une partie de soi compense déjà depuis longtemps.

Tenir

Continuer malgré la fatigue, compenser, rationaliser et maintenir l’activité parce que tout repose encore sur soi.

Durer

Reconnaître ses limites, réguler l’effort et préserver la capacité à décider, agir et rester présent dans le temps.

On peut performer en étant fragmenté. Mais on ne peut pas se déployer pleinement sans se réunifier.

Se réunifier pour ne plus seulement tenir sous pression

Le mot réunifier change la perspective. Il ne promet pas une vie sans pression et ne vend pas l’idée naïve d’un équilibre permanent.

Au contraire, il propose une direction plus sobre : arrêter de fonctionner en morceaux.

Aujourd’hui, Aurélie accompagne des dirigeants et des sportifs en reconnectant ce qui a parfois été dissocié.

Le mental

Les pensées, les stratégies, les croyances et la manière d’interpréter la pression.

Le corps

Le souffle, la fatigue, les tensions et les signaux que l’activité peut conduire à ignorer.

L’identité

La place que l’on occupe, ce que l’on montre et ce que l’on pense devoir continuer à incarner.

La posture

La manière de décider, de réagir et de rester stable lorsque la pression augmente.

Concrètement, Aurélie ne parle pas de performance comme d’un exploit isolé. Elle s’intéresse à ce qui devient possible lorsque le mental, le corps, l’identité et la posture vont dans la même direction.

La montagne révèle ce que tenir sous pression fait apparaître

Pour Aurélie, il existe un lieu où cette cohérence ne peut pas tricher : la montagne.

Pas comme décor. Comme révélateur.

En rando coaching, le terrain rend visibles des mécanismes souvent difficiles à observer dans une salle.

Le souffle parle

Le rythme choisi et la manière de respirer montrent comment la personne gère son effort.

La fatigue révèle

Lorsque les ressources diminuent, les automatismes et les stratégies de compensation apparaissent.

La posture se montre

Décider, ralentir, demander de l’aide ou continuer coûte que coûte deviennent des choix observables.

Le terrain ne ment pas

Ce qui se joue dans la montée peut rappeler la façon de tenir lorsque l’organisation manque déjà d’air.

En effet, la montagne révèle ce qui se passe lorsque l’on cherche encore à tenir sous pression : le souffle parle, la fatigue réduit les marges et la posture réelle finit par apparaître.

De plus, ce qui se joue en altitude se rejoue parfois en entreprise : décider quand on est entamé, rester stable face à l’imprévu ou continuer lorsque le corps dit « stop » et que la tête dit « encore ».

Tenir sous pression dans un collectif : la QVT comme miroir

Dans son approche, la QVT n’est pas seulement un tableau de bord. Elle devient un miroir collectif.

Un collectif fragmenté compense. Un collectif régulé performe.

D’abord, le diagnostic rend visible ce qui se joue sous la surface, au-delà des indicateurs formels.

Sécurité réelle

Peut-on parler d’une difficulté ou d’une limite sans craindre d’être fragilisé ?

Inclusion vécue

Les différences peuvent-elles réellement s’exprimer et être prises en compte dans le travail ?

Décision sous pression

Le collectif conserve-t-il sa capacité à arbitrer lorsque la tension augmente ?

Ensuite, Aurélie travaille « là où ça compte » : dans l’intégration.

Neurosciences, préparation mentale, mouvement et montagne ne sont pas présentés comme une accumulation de méthodes. Ils répondent à une même exigence : faire cesser la guerre intérieure.

Par conséquent, la question n’est plus seulement de savoir combien de temps une personne ou une équipe peut tenir sous pression. Il s’agit aussi d’observer ce que cette tension fragmente et ce qu’il faut remettre en cohérence.

Cette approche rejoint une question plus large abordée dans notre article consacré à la santé des dirigeants .

Enfin, l’INRS rappelle que le stress chronique peut avoir des effets physiques, émotionnels et intellectuels. Il peut notamment perturber la concentration et la prise de décision. La prévention doit donc aussi agir sur les situations et l’organisation du travail. Consulter la ressource de l’INRS .

À retenir

Tenir sous pression ne suffit pas pour durer

En définitive, la conviction d’Aurélie est simple : on peut gravir des sommets en force, mais on ne dure qu’en étant aligné.

Autrement dit, durer ne signifie pas supprimer toute pression. Cela suppose de reconnaître les signaux, de réguler l’effort et de réunifier ce que l’activité a progressivement séparé.

Aurélie laisse souvent cette alternative comme une phrase qui ouvre, plus qu’elle ne conclut : on peut en parler. Ou marcher.

Découvrir l’approche d’Aurélie Destenave

Sorella So Care propose des accompagnements et des expériences en montagne pour remettre en dialogue le corps, le mental, la posture et les choix professionnels.

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