Pendant treize ans, Aurélie Destenave a été infirmière libérale.
Pas “infirmière” comme on le dit dans une phrase. Infirmière comme on le vit : réveil à 5h30, tournées, patients, urgences, compta le soir, gestion du personnel. Des week-ends travaillés. Un cabinet à diriger. Une cadence à tenir.
Elle savait tenir.
Elle savait aussi s’oublier.
Ce qui l’a arrêtée n’a pas été un burn-out spectaculaire — celui qui fait récit, celui qui fait grand bruit. Chez elle, c’était plus discret, et peut-être plus déroutant : un décalage. Entre ce qu’elle montrait, et ce que son corps vivait. Cette fissure silencieuse que l’on recouvre d’abord avec des justifications, des routines, du “ça va”, des “j’ai l’habitude”.
Aurélie décrit quelque chose que beaucoup reconnaissent sans l’avoir nommé : le système nerveux compense longtemps. Le mental explique. Il rationalise. Il tient la barre. Et puis le corps finit par trancher, sans négociation.
C’est là que sa phrase clé apparaît, sans slogan :
On peut performer en étant fragmenté. Mais on ne peut pas se déployer pleinement sans se réunifier.
Ce mot – réunifier – change la perspective. Il ne promet pas une vie sans pression. Il ne vend pas l’idée naïve d’un “équilibre” permanent. Il propose plutôt une direction : arrêter de fonctionner en morceaux.
Aujourd’hui, Aurélie accompagne des dirigeants et des sportifs à libérer leur potentiel en reconnectant ce qui a été dissocié : le mental, le corps, l’identité, la posture sous pression. Elle ne parle pas de performance comme d’un exploit ; elle parle de performance comme d’un état durable, possible, quand tout va dans la même direction.
Et pour elle, il y a un lieu où cette cohérence ne triche pas : la montagne.
Pas comme décor. Comme révélateur.
En rando coaching, dit-elle, il n’y a plus de masque. Le souffle parle. La fatigue révèle. La posture réelle apparaît. Le terrain ne ment pas. Et ce qui se joue en altitude se rejoue en entreprise : la façon de décider quand on manque d’air, la manière de tenir quand on est déjà entamé, la capacité à rester stable quand le corps dit “stop” et que la tête dit “encore”.
Dans son approche, la QVT n’est pas un tableau de bord. C’est un miroir collectif.
Un collectif fragmenté compense. Un collectif régulé performe.
Elle utilise le diagnostic QVT pour rendre visible ce qui se passe sous la surface : la sécurité réelle, l’inclusion vécue, la capacité à décider sous pression, la stabilité émotionnelle collective. Et ensuite, elle travaille “là où ça compte”, dit-elle : dans l’intégration. Neurosciences, préparation mentale, mouvement, montagne — non pas comme une accumulation de méthodes, mais comme une même exigence : faire cesser la guerre intérieure.
Sa conviction est simple, presque sobre :
On peut gravir des sommets en force. Mais on ne dure qu’en étant aligné.
Aurélie vit et intervient en Nouvelle-Aquitaine. Et elle laisse souvent cette alternative comme une phrase qui ouvre, plus qu’elle ne conclut :
On peut en parler. Ou marcher.
