L'assertivité : enjeu majeur pour notre société
Assertivité : savoir exprimer une limite, un besoin ou un désaccord avec clarté, sans effacer l’autre ni s’effacer soi-même. Cette compétence peut améliorer les échanges professionnels, mais elle ne doit pas servir à rendre les personnes seules responsables de relations ou d’organisations dysfonctionnelles.
Assertivité : cette compétence consiste à défendre un point de vue, un besoin ou une limite tout en reconnaissant les droits et la dignité de l’autre personne.
D’abord, elle permet de parler clairement sans recourir à l’agression, à la menace ou à la manipulation.
Ensuite, elle aide à sortir de l’effacement automatique, lorsque l’on accepte une demande par peur du conflit ou de la déception.
Enfin, elle soutient une communication dans laquelle chacun peut contribuer à la recherche d’une solution.
Être assertif ne signifie pas obtenir ce que l’on demande. Cela signifie pouvoir le formuler clairement et entendre une réponse sans renoncer à sa propre légitimité.
Assertivité : trouver une troisième voie
D’abord, l’assertivité est souvent présentée comme un point d’équilibre entre la passivité et l’agressivité.
Cependant, il ne s’agit pas d’un trait fixe de personnalité. Par exemple, une personne peut s’affirmer dans un contexte sécurisé et perdre ses moyens face à une forte asymétrie de pouvoir.
S’effacer pour éviter le risque
La personne tait son besoin, accepte sans discuter ou laisse l’autre décider afin de préserver la relation.
Imposer sans reconnaître l’autre
La demande devient une attaque, un jugement ou une tentative de domination qui réduit l’espace de dialogue.
Dire clairement et rester en relation
La personne expose les faits, sa position et sa demande, puis laisse une place réelle à la réponse.
L’assertivité ne neutralise ni le harcèlement, ni la discrimination, ni une hiérarchie qui sanctionne la parole. Demander à une personne de « mieux s’affirmer » ne doit jamais remplacer l’action de l’organisation.
Assertivité et communication non violente : des approches proches, mais distinctes
D’abord, l’assertivité est historiquement travaillée dans la thérapie comportementale et l’entraînement aux compétences sociales.
Ensuite, la communication non violente développée par Marshall Rosenberg propose de distinguer observation, sentiment, besoin et demande.
Ainsi, les deux approches peuvent se compléter : elles cherchent une expression claire qui respecte à la fois la personne qui parle et celle qui écoute.
Toutefois, elles ne sont pas interchangeables. L’assertivité ne vient pas uniquement de la CNV, et une formulation respectueuse ne garantit pas que l’autre acceptera la demande.
La clarté n’est pas la brutalité. Le respect n’est pas le renoncement.
Pourquoi l’assertivité compte au travail
Concrètement, dans une équipe, l’assertivité peut aider à signaler une surcharge, demander des ressources, refuser une mission irréaliste ou contester une décision sans attaquer la personne.
Rendre une limite visible
« Je peux terminer ces deux dossiers cette semaine. Pour le troisième, j’ai besoin d’un arbitrage ou d’un délai supplémentaire. »
Contester sans humilier
« Je ne partage pas cette conclusion. Les données dont je dispose montrent un autre risque. Regardons-les avant de décider. »
Demander ce qui manque
« Pour tenir cet objectif, j’ai besoin d’une validation hebdomadaire et d’un accès aux informations du projet. »
Nommer un comportement
« Lorsque je suis interrompue à plusieurs reprises, je ne peux pas terminer mon raisonnement. Je souhaite aller au bout de mon point. »
Par ailleurs, une revue systématique publiée en 2017 a trouvé des effets favorables de formations à la communication assertive dans plusieurs groupes de professionnels et d’étudiants en santé.
Néanmoins, les auteurs demandaient davantage de recherches sur la durée des changements et leurs effets réels sur les comportements et la sécurité.
L’assertivité devient utile lorsque la parole produit une information exploitable : un fait, une limite, une demande ou une proposition d’arbitrage.
Assertivité : un enjeu particulier pour les femmes ?
D’abord, les femmes ne manquent pas naturellement d’assertivité. En revanche, elles peuvent évoluer dans des environnements où les mêmes comportements ne sont pas évalués de la même manière.
Ensuite, la théorie de la congruence des rôles montre notamment que les attentes associées au leadership peuvent entrer en conflit avec les stéréotypes attachés au rôle féminin.
Par conséquent, une femme peut subir une double contrainte : paraître trop effacée lorsqu’elle hésite, mais trop dure lorsqu’elle affirme directement sa position.
Devoir prouver davantage
Une prise de parole peut être davantage questionnée, interrompue ou attribuée à un manque de préparation.
Rester compétente et agréable
Cependant, une demande directe peut être jugée légitime, mais réduire la perception de chaleur ou de sympathie.
Choisir ses risques
À court terme, se taire peut protéger. Parler peut exposer à des réactions que l’organisation doit apprendre à prévenir.
De plus, une méta-analyse sur les comportements de dominance a observé que les demandes directes pouvaient dégrader davantage la sympathie accordée aux femmes, sans produire le même écart sur la compétence perçue.
Pourtant, d’autres expériences ont obtenu des résultats plus nuancés : selon le contexte, les femmes assertives peuvent être jugées aussi influentes et appréciées que les hommes assertifs.
Former les femmes peut leur fournir des ressources. Cependant, l’entreprise doit aussi agir sur les interruptions, les sanctions informelles, les critères de leadership et la façon dont l’autorité est reconnue.
Six pratiques pour développer son assertivité
Partir des faits
Décrivez la situation observable avant de prêter une intention à l’autre personne.
« Le délai a été avancé de trois jours et deux validations restent manquantes. »
Identifier son besoin ou sa limite
Clarifiez ce que vous cherchez à protéger : qualité, temps, sécurité, autonomie, information ou respect d’un engagement.
Formuler une demande précise
Remplacez une plainte générale par une action identifiable, une personne responsable et une échéance.
« Peux-tu confirmer la priorité avant demain à midi ? »
Apprendre à dire non sans se justifier indéfiniment
Refusez la demande impossible, puis indiquez ce que vous pouvez proposer ou la décision qui doit être arbitrée.
Tolérer la réaction de l’autre
Toutefois, l’assertivité ne garantit pas une réponse positive. Elle demande de rester clair même lorsque l’autre exprime sa déception ou son désaccord.
S’entraîner dans des situations progressives
Commencez dans un contexte assez sûr. Ensuite, utilisez le jeu de rôle, le feedback et la répétition pour consolider la compétence.
La formation à l’assertivité est-elle efficace ?
D’abord, l’assertivité peut s’apprendre. Ensuite, un essai contrôlé publié en 2023 a notamment évalué une intervention cognitivo-comportementale en ligne consacrée à cette compétence.
De plus, plusieurs revues décrivent des résultats encourageants pour les formations combinant explications, démonstrations, simulations, répétitions et feedback.
Ce qui favorise l’apprentissage
Concrètement, des situations proches du travail réel, des formulations testées à voix haute et un retour précis sur l’effet produit.
Ensuite, un soutien managérial aide à transférer la compétence dans l’activité.
Ce que la formation ne remplace pas
En revanche, une procédure contre le harcèlement, des priorités réalistes, un droit au désaccord et une hiérarchie qui écoute les alertes.
Autrement dit, la compétence individuelle a besoin d’un environnement qui autorise son usage.
Mini-diagnostic de votre assertivité au travail
Huit questions pour observer votre pratique
- Est-ce que je distingue les faits de l’interprétation que j’en fais ?
- Puis-je nommer mon besoin ou ma limite avant d’entrer dans la discussion ?
- Ma demande indique-t-elle clairement ce que j’attends et pour quand ?
- Est-ce que j’accepte trop vite pour éviter la déception ou le conflit ?
- Est-ce que je transforme parfois mon désaccord en jugement sur la personne ?
- Puis-je recevoir un refus sans renoncer immédiatement à mon besoin ?
- Mon organisation protège-t-elle réellement les personnes qui signalent un problème ?
- Les femmes et les hommes peuvent-ils s’exprimer directement sans subir les mêmes sanctions informelles ?
D’abord, la base terminologique médicale MeSH rattache l’entraînement à l’assertivité à la thérapie comportementale, ce qui permet de distinguer son histoire de celle de la communication non violente. Consulter la définition MeSH .
Ensuite, une revue systématique publiée en 2017 a examiné l’efficacité des formations à la communication assertive chez des professionnels et étudiants en santé. Consulter la revue .
Par ailleurs, la théorie de la congruence des rôles explique comment les stéréotypes de genre peuvent influer sur l’évaluation des femmes dans les fonctions de leadership. Consulter l’article scientifique .
De plus, une méta-analyse a étudié les sanctions associées aux comportements de dominance explicites chez les femmes et les hommes. Consulter la méta-analyse .
Enfin, la Compagnie Sans Titre Production, basée à Poitiers, propose encore en 2026 des ateliers d’autodéfense mentale, émotionnelle, verbale, intellectuelle et physique. Découvrir les ateliers .
Enfin, cette réflexion complète notre article sur les stéréotypes de genre en entreprise et notre formation consacrée à la confiance et au leadership assertif .
Assertivité : parler clairement sans porter seul le système
D’abord, l’assertivité permet d’exprimer une limite, un besoin ou un désaccord sans effacer l’autre personne.
Ensuite, elle se développe par la pratique, le jeu de rôle, le feedback et l’analyse de situations professionnelles concrètes.
En définitive, elle ne devient pleinement utile que dans une organisation qui autorise le désaccord, protège les alertes et évalue équitablement la parole des femmes et des hommes.
Des idées utiles pour faire évoluer les pratiques, sans surcharger votre boîte mail.
Un autre regard sur vos pratiques professionnelles
Recevez nos analyses, nos outils et nos ressources autour du management, de l’inclusion, de la RSE et de la formation.
- Des sujets concrets, reliés aux réalités du terrain
- Des outils directement mobilisables dans votre structure
- Une lecture professionnelle, accessible et sans discours creux
Quelques minutes suffisent pour vous inscrire.
Inscrivez-vous à notre newsletter
Complétez le formulaire pour recevoir nos analyses, nos ressources et nos outils professionnels.
Si le formulaire ne s’affiche pas, ouvrez-le dans un nouvel onglet .
